Archives de Catégorie: Galice

Mon premier carnet de voyage est né (enfin, presque…)

J’ai les boules.

J’ai travaillé dur, depuis un mois et demie, a tout compiler et mettre en forme, a réécrire certains textes, a corriger les fautes (merci Martine, merci Pierre, merci Aglaé) et a remettre tout ça dans les bonnes cases. Tout n’est pas fini, mais c’est en bonne voie. C’est un peu comme un appareillage, n’est-ce pas ? Bon, on y va ? Attends, je n’ai pas rangé la cafetière… Laisse tomber, elle se rangera dès qu’on prendra un peu de gîte 😉

Maintenant les choses sont lancées. Une présentation est en ligne (vous l’aviez vue, dans l’article précédent) et mon projet a été validé par Ulule. Les premiers amis m’ont donné un coup de pouce pour que le projet sorte de la « couveuse » (il faut un minimum de 5 soutiens pour que le projet soit visible par tout le monde sur le site, sinon il ne l’est que par invitation). Comment on dit, d’habitude ? Ça, c’est fait…

C’est maintenant que j’ai besoin de vous. Vous tous qui avez suivi nos aventures, qui avez tremblé quand Aglaé est allée recuperer la bastaque cassée dans la houle et les rafales du Cabo Ortegal, qui etes venus nous prendre en photo depuis l’annexe à Escarabote, sur le récif, qui nous avez donné plein de bons conseils lorsqu’on a perdu l’hélice du coté des Cies, j’ai besoin de vous. Si vous avez envie d’avoir, sur votre table basse du salon ou votre chevet, un joli calepin avec des dessins sur la Galice, je vous en prie, cliquez sur l’onglet qui vous plait. Mais surtout, parlez-en autour de vous. Envoyez à tous vos amis le lien du projet, parlez-en, des aquarelles de Galice, racontez-leur les criques abritées, les mouillages surs et les ports pittoresques, les marchés pleins de poissons et des « mariscos », les montagnes ensoleillés et les plages au sable fin. Et ces gens formidables. Et toutes ces histoires, ils peuvent les lire dans ce carnet. Avec, en bonus, des coordonnées GPS de tous les ports et mouillages que nous avons pratiqués. Et en deuxième bonus, le film de l’aventure. Le troisième bonus est moral. Avec vous, pour vous, j’aurai envie de continuer, de passer de cet essai à la transformation, de publier un deuxième carnet, puis un autre… Et Roz Avel ira jusqu’au bout du Monde.

« Même en Patagonie » dit le Capitaine.

« Je n’ai pas envie d’aller en Patagonie » dit Aglaé.

Voilà, vous savez tout. Pour le reste, cliquez sur l’image.

carnet_ouvert

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J’ai une histoire a vous raconter

Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit, encore plus longtemps que je n’ai pas envoyé de newsletter, je sais, je suis un blogueur indigne, mais j’ai une bonne excuse. Je crois bien que vous allez l’accepter, celle-là.

Depuis deux mois, je suis le nez dans le guidon. Depuis le départ de la fine équipe des Draghici, de Timisoara, Codruta & Bogdan, Ana & Mihai, j’ai passé le temps le nez dans le guidon.

J’ai dessiné, scanné, remonté, retouché, écrit, compilé, corrigé et mis en page. J’ai mis de bons amis à contribution. J’ai couru après le temps, il fallait aussi naviguer (un peu, de Fuengirola à Melilla, de Melilla à Saïdia) faire des courses, faire la cuisine, sortir le chien.

« Et prendre une douche », dit Aglaé

« Et prendre une douche, si tu veux… »

Maintenant c’est presque prêt. Début de semaine prochaine je vous raconterai mon histoire. Inch’allah, lundi je vous annoncerai le début officiel de la pré-vente d’un livre fabriqué maison, dans le carré de Roz Avel, avec nos petites mains, les pinceaux du patron, la caméra de l’armatrice et beaucoup de bonne volonté.

Dès demain vous pourrez vous arracher le carnet de voyages de notre périple galicien.

Carnet galicien - couverture

« Galice celtique, Galice ibérique » est un carnet de voyages de plus, illustré par mes croquis, dessins, aquarelles et quelques photos pourries. Mais c’est un peu plus que ça. C’est notre navigation dans les Rias, ces lieux formidables, à la lumière si exceptionnelle. C’est un peu (beaucoup) d’amour pour la Galice, un peu (beaucoup) d’amitié pour tous ces gens formidables, quelques mots sur ce qu’on y mange, un peu plus sur ce qu’on y boit. Deux trois trucs sur son histoire, quelques uns sur sa langue. Et sur chaque port et mouillage que nous avons pratiqué, des croquis, un plan, quelques points GPS et un ou deux conseils pratiques.

Mettez-le dans votre poche, dans votre sac à dos ou dans un coin de la table à cartes. Allez-y, en Galice. C’est franchement chouette!

un clic sur l’image vous emmène voir un extrait.

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Nos navigations entre Cadiz et Fuengirola, avec Roxi et Adi, entre Fuengirola et La Herradura avec les Draghici, et de Fuengirola à Saïdia – via Melilla – juste nous deux, le chien et Roz Avel, vous m’excuserez, mais je vous les raconterai un peu plus tard. Ne vous en faites pas, j’ai pris des notes…

Bien à vous,

Le capitaine

La grande braderie

L’équipage de Roz Avel, en escale à Melilla – enclave espagnole en terre africaine – se prépare a partir pour le Maroc. Avant de s’installer à Saïdia pour l’hivernage et de s’attaquer à des travaux d’entretien, le capitaine brade toutes les aquarelles qui restent de la collection Galice.

Vous avez envie d’un joli dessin ? Vous pouvez, en même temps contribuer à l’achat d’un pot d’antifouling, d’une feuille de papier-verre ou d’un pinceau.

Vous aidez ainsi ce projet a avancer.

En cliquant sur l’image ci-dessous, vous accédez à la galerie des aquarelles disponibles. Les dimensions et les prix sont dans les descriptions des images.

Merci à vous tous de partager ce post.

Combarro, la Bibliotheque

cliquez sur l’image pour accéder à la galerie

Baiona. C’est parti !

Ça va être bref, on est sur une terrasse et Roz Avel se dandine au mouillage.

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Il fait superbement beau, et on a dans les pattes une demi-journée de navigation, une petite mise en jambes, au moteur devant les iles Cies, un mouillage dans l’anse de Barra (histoire d’exorciser le passé) et ensuite, un peu de voile, un peu de moteur, petit temps et planter de pioche devant le Puerto Deportivo de Baiona.

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Comité de réception, comme d’habitude, deux superbes grands dauphins sautent de joie autour de Roz Avel, lorsqu’on passe derrière la digue qui prolonge la citadelle. On ne peut rêver mieux.

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Promis, un vrai article dès qu’on arrive au ponton, avec WiFi si possible. Mais pour l’instant, la vie est belle.

Bien à vous, que vous soyez déjà en mer, encore a terre ou bien terriens à jamais. Bien à vous tous.

 

1,2,3 – la Liga des Caravelle – la régate d’Aglaé

Nous nous sommes inscrits à la Liga de Caravelle, un peu poussés par le comité organisateur pour qui on avait réalisé l’affiche de l’événement. Cette série de régates s’organise à bord de trois Caravelles du Club et s’y sont inscrits neuf équipages composés de trois équipiers. La chose s’organise ainsi : les trois caravelles concourent ensemble sur un parcours-banane, en trois manches, avec changement de bateau entre chaque manche. Au final, tous les équipages devront s’affronter. Les bateaux sont en quelque sorte des monotypes. Ils ont tous été moulés sur la coque d’une vieille Caravelle en bois, dans les années 90, mais la monotypie n’est pas strictement respectée, les voiles ne sont pas strictement les mêmes, le poids de la coque varie d’un voilier à l’autre, d’où le besoin de changer de bateau entre les manches.
C’est très amateur et rustique, mais l’ambiance est là, celle des régatiers.
Nous ne sommes pas des régatiers du dimanche mais il faut bien le reconnaître, sur l’eau on essaye toujours de gratter le voisin comme s’il était un concurrent, nous donnant l’occasion de bien border nos voiles, d’être au poil dans les manœuvres de virement. C’est un petit plaisir qu’on ne boude pas.
Donc ce matin après une courte nuit, couchés à 5h30 pour cause de visionnage de l’excellente série britannique Strike Back, merci Gwendal pour le tuyau, nous nous levons péniblement à 9h pour nous présenter au rendez vous de 10h pour notre régate.
Malgré un bon petit déjeuner, je me sens un peu dans le brouillard, mais je ne m’inquiète pas. Je me suis bien habillé, pour ne pas avoir froid et être à l’aise en même temps. Nous retrouvons Carlos qui sera a bord de son voilier, en guise de bateau comité, il rigole de nos mines un rien défraîchies et nous explique comment ça va se passer, le parcours, le changement de bateau etc. Pendant ce temps les autres équipages arrivent.
Manuel vient nous retrouver à son tour, c’est notre troisième équipier, un mordu de régates de voile légère, c’est une bonne recrue.
Le bateau est rapidement gréé, c’est du sommaire, Manuel nous explique les petits réglages, pour ne pas que la bôme se sauve, pour que la GV soit bien étarquée, deux-trois petits trucs et pendant un petit réglage sur l’arrière de je ne sais trop de quoi ils se prennent, Florin et lui, la bôme – sur la tempe pour Florin, sur le haut de la tête pour Manuel. Je me dis mentalement « c’est une communion qui devrait souder ces deux là, si besoin était ».
Et c’est parti mon kiki, le bateau file bien sur l’eau, on a du vent et un peu de mer. Les rôles sont définis ainsi, je suis le numéro 1, je m’occupe du foc, Manuel est l’équipier qui s’occupe de la GV et de la dérive et Florin est le barreur (el patrón, comme on dit ici).
Nous prenons un bon départ lors de la première manche, sous les directives de Manuel (en espagnol bien sûr, j’ai omis de le préciser). Il me dit où je dois m’asseoir pour bien équilibrer le bateau et ne pas le gêner, m’expliquant aussi que si le bateau prend de la gîte, on ne doit pas choquer la GV, mais que je me mette au rappel. Ça marche pour moi, j’aime bien mon poste, c’est le plus mobile, je n’aurais pas froid. Autant dire que mes sens sont aux aguets, plus du tout fatiguée et super attentive aux «ordres » de Manuel, qui n’arrête pas d’en donner quand ce n’est pas des compliments et ça fuse les : « Florin, baja, baja ! Velocidad, velocidad Florin ! » il y a aussi des « muy bien, perfecto » Il n’arrête quasiment pas de parler, Manuel – je dis à Florin qu’il va être aphone à la fin de la régate, mais finalement non. Avec les bons conseils de Manuel et les bons réglages nous finissons premiers de cette première manche tout contents après un départ pourtant en bon dernier.

Celle-là on va la gagner

Caravelles à couple pour le changement des équipages

Nous passons sur un autre bateau, en se mettant tous à couple, via le zodiac du Club, et commençons à arranger un peu les réglages, puis nouveau départ cette fois en tête, mais le bateau est plus lourd, on le sent tout de suite et ne finirons que seconds cette fois ci.

A couple du zodiac du Club Nautico de Rodeira

Enfin troisième départ sur le dernier bateau à nouveau à régler. Le vent a forcit. Manuel, qui est toujours en train de régler un truc se retrouve avec le hale-bas de bôme entre les mains, le bout a cassé. Ensuite c’est le support du bloqueur d’écoute de « foqué », comme ils disent, qui s’arrache. Ces petites misères nous feront descendre sur la troisième place malgré un dernier bord de portant les écoutes entre les dents.
Après nous être congratulés, nous ramenons le bateau au ponton de la marina, le dégréons, je plie les voiles et les emporte avec le safran/barre au hangar où on les avait pris. Je sens alors la fatigue me submerger et c’est en petit robot que je regagne Roz Avel en vu d’y prendre une bonne douche bien chaude. Faut dire que la journée n’est pas finie, nous avons notre repas partagé dominical avec les amis de Rigel et de La Niña. On doit d’abord retrouver tous les équipages à la Tapéria pour boire un coup, j’ai toutes les peines du monde à garder les yeux ouverts. Nous retrouvons nos amis et déjeunons d’empanadas, de Muffins salés au poulet et au curry et d’une Feijoada.  Le déjeuner avalé je prie l’assemblée de m’excuser mais il me faut une sieste.
C’est en somnambule que je rejoins mon lit, pour deux bonnes heures de sommeil.
Je n’ai pu dormir plus. Il me fallait raconter cette journée.
Aglaé

Celle-là on va la perdre Blouson rouge sous le « foqué » à bandes bleues – Nathalie Smock vert-flashy à la barre – Florin le troisième, au milieu – Manuel

Crédit photos Club Nautico Rodeira, avec les remerciements de l’équipage de Roz Avel

La Danza de San Sebastián, à Aldán

« Demain on va appareiller, tranquillement, en fin de matinée. On va mouiller dans la Ria de Aldán » me dit Juan. Juan, c’est Juan Ollero Marin, el capitàn de Boreas Segundo, ancien officier de la marine de guerre espagnole, et aussi l’époux de Toya. Ils naviguent tout l’été sur un bateau en aluminium, un joli plan Van de Stadt, belle carène des années 80 brillant de tous feux. Nous l’avions déjà aperçu au mouillage de Boiro, devant la Playa Barraña. Aujourd’hui nous sommes à la marina de Combarro, voisins de ponton, alors on a discuté un peu. A part être un homme élégant et charmant, un bon marin et un amoureux de la langue française, Juan est aussi un aquarelliste accompli, alors le sujet de discussions a été vite trouvé. Toya, de son coté, un esprit incroyablement vif, a un regard aiguisé et perçant et comprend parfaitement le français, elle aussi. Elle parle peu, mais communique d’une façon impressionnante avec ses yeux. Au port de Cangas, lorsqu’on les retrouvera de nouveau, on s’apercevra aussi qu’elle est redoutable à la barre de Boreas. En attendant, c’est la première fois qu’on entend parler de la Ria de Aldán.

La Ria vue depuis Hio

La Ria vue depuis Hio

La Ria de Aldán, le guide Imray en parle comme d’un lieu tranquille, une petite ria latérale qui débouche sur la Ria de Pontevedra, avec des fonds de sable confortables une fois les bateos doublés. Bonne protection de partout, sauf du nord. Quelques bateaux de pêche locaux (et aussi l’Arpège blanc du primo de Wences) mouillent sur des corps-morts. Pour ma part, j’en aurai un aperçu depuis les hauteurs de Hio, le jour ou j’irai à pied, depuis Cangas, dessiner le fameux « Cruceiro ». LE fameux Cruceiro de Hio. Depuis le parvis de la superbe église de Hio on a une vue imprenable sur le fond de la Ria de Aldán. Sous le soleil. Exactement.

Le fond de la Ria, depuis le "paseo maritimo"

Le fond de la Ria, depuis le « paseo maritimo »

 San Cibrán, San Sebastián, Aldán

Luis sort d’une semaine de pépins de santé. Nous, nous sortons d’une semaine de pluies incessantes. Les bateaux sont trempés, pleins de traces de verdure sous les cordages, les hommes s’affairent sur les ponts profitant de cette première journée de soleil depuis un bon moment, a ranger les ponts, a nettoyer les cockpits, a passer un jet d’eau partout. Luis passe nous serrer la main. « Bon jour. Comment ça va ? Qué tal ? »

« Vous savez, il y a une danse traditionnelle qui a lieu tous les ans, un seul jour par an, toujours le 20 janvier. C’est à Aldán, demain. C’est une sorte de procession, qui date du 17ème siècle, avec des beaux costumes, un gaïtero, tout ça. Si ça vous dit, je passe vous prendre vers midi. Si je ne fais pas une rechute… »

Mais non, Luis, il n’y aura pas de rechute. Nous voilà partis pour la Ria de Aldán. Pas en bateau, mais en voiture, avec un guide de choix. Luis Perez est natif de Cangas, passionné par tout ce qui tient des traditions locales, histoire, culture, bateaux traditionnels et régates dans la Ria de Vigo, à bord de son Sun Fast 32 « Baléa ». Accessoirement, le secrétaire du Club Nautico de Rodeira. Et – pas accessoire du tout – un type qu’on apprécie beaucoup.

« On l’appelle « La Danza de San Sebastián ». Je ne sais pas pourquoi. Ce n’est pas le saint patron de l’église d’ici. La paroisse d’Aldán, c’est celle de San Cibrán. Mais aujourd’hui, c’est à San Sebastián qu’on rend hommage. ». Attestée pour la première fois dans un document datant de 1678, la « Danza » est sûrement bien plus ancienne. Quinze danseurs font le tour de l’église en fin de matinée, conduits par un guide (toujours le même, le guide, fonction transmissible à son fils) au son d’une gaïta (« tu verras, le gaïtero, c’est un ami à moi… il est formidable ») et d’un tambour – dix hommes, d’ages diverses, habillés en costumes noirs, avec des grands chapeaux et ceints d’un ruban rouge, et cinq jeunes demoiselles, belles comme des cœurs dans leurs robes blanches de dentelle, une cape noire avec de somptueuses broderies et surtout, un énorme chapeau de paille orné d’une multitude de fleurs et de fruits, d’au moins 50cm de haut. Un monument. Avec ça sur la tête, les demoiselles sont obligées à un port de princesse, les mouvements se font à l’économie, tout juste un tour, une révérence, et ça repart, d’un pas simple et sans brusquerie. Quarante minutes. Lorsque les statues de la Vierge, de San Sebastián et une croix argentée commencent a avancer, l’ensemble de danseurs recule le long des murs de l’église. D’un seul coup les cloches se mettent a sonner, couvrant le gaïtero, le tambour et les pétards tirés sur le paseo maritimo. Impressionnant.

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Des hommes, des femmes, des fleurs de lys

« Du temps de la dictature de Franco, il n’y avait pas de femmes dans la procession. La place des cinq demoiselles était tenue par des hommes aussi, habillés dans les robes blanches et avec le chapeau fleuri. » nous dit Luis. « Dans le temps, dans l’après midi, une deuxième danse avait lieu dans le « Pazo del Conde ». de son nom complet, El Pazo Torre de Aldán, le Manoir de la Tour d’Aldán, il est la propriété des contes de Canalejas. Les armoiries des Aldao, Aldana, ou Maldonado (on les a connu sous différents noms) contiennent cinq fleurs de lys, dont l’histoire est entourée d’une savoureuse légende.

Le manoir des Comtes de Aldan, les Canalejas

Le manoir des Comtes de Aldan, les Canalejas

Il nous emmène le voir, une imposante et massive construction d’aspect bien médiéval, plus manoir fortifié que château de la Renaissance. « Le « Conde de Aldán » a quatre fleurs de lys sur ses armoiries. Plus que les Bourbons IMG_0379(a voir le blason sculpté sur le mur, il y en a même cinq). » Le livre Cangas, Guia de la capital del Morrazo nous reproduit la legènde,  racontée par Padre Crespo, probablement un historien ecclesiastique. De passage à Santiago, un noble français, apparenté à la famille royale de France, se serait retrouvé pris dans une bousculade, lors de la présentation de l’immense encensoir, El Botafumeiro. Dans le mouvement de foule il aurait donné un coup de pied a Fernán Perez de Aldao, noble gallego. Fernán Perez exigea des excuses, que le noble français lui refusa, en donnant pour raison son rang, bien plus élevé que le galicien. devant cette situation Fernán Perez le provoque en duel. Le noble français, de son coté, lui aurait dit qu’étant en pèlerinage au lieu saint de Santiago, il ne pouvait pas se battre, mais qu’il l’invitait a se rendre à Paris, avec la promesse de lui donner satisfaction.

details de sculpture du PazoQuelque temps plus tard, Aldao se pointe à Paris, exigeant qu’on lui accorde le duel pendant. Il en sort victorieux, et il exige les armes du vaincu. Le Roi les lui accordera, en s’exclamant « Prends-les, Maldonado… ! (malheureux ? malotru ? ref. a chercher). Toujours est-il que depuis ce temps-là, les noms de Aldán, Aldao ou Maldonado désignent la même famille. Et depuis ce temps, les armoiries des Aldán ont deux fleurs de lys de plus que celles des Bourbon. (Update 24.01.14)

Les costumes colorés et les chapeaux fleuris brillent sous le soleil frais de janvier dans la Ria de Aldán. Nous continuons la visite. Luis nous raconte que le village serait en froid avec la comtesse, et que du coup, la procession de l’après midi n’a plus lieu dans le « Pazo del Condé ». Les Canalejas, le vrai titre des Comtes de Aldán, ont vécu des fortunes diverses. Il y a deux générations, la descendente des Canalejas, Carmen Quiroga Armada, a épousé Julián Pérez Esteso, un banquier. Trois frères, survivants des cinq enfants du couple, se sont ensuite transmis le titre, Jose-Luis, Antonio, et Ramón Pérez de Armada, morts sans descendance.

« Este hombre fue completamente loco. »

Dans la soirée, Benigno m’interpelle d’un sonore « Qué tal ? » dans le hangar du club. « T’as été ou ce matin ? Aaaah, la « danza »… c’est vrai qu’on est le 20 aujourd’hui. ». Tout le monde connaît «la Danza » par ici. C’est vrai qu’il y en avait, des photographes, un cameraman, des gens de la presse… « Tu sais qu’elle n’était pas comme ça avant, la « danza » ? Il y en avait une le matin, autour de l’église, et l’après midi, une deuxième danse avait lieu dans la cour du Pazo, exclusivement réservée au Conde et a ses invités. Maintenant ils sont fâchés, pour des sombres histoires de protocole. Alors ils n’y vont plus. ». C’est Benigno qui me raconte l’histoire « moderne » (et mondaine) des Canalejas. «Ramón, il buvait beaucoup. Il était complètement fou. Il picolait, et ensuite venait en plein centre de Cangas, à cheval. Il laissait le cheval en plan et prenait le bateau pour Vigo… complètement fou, ce type. Claro !».

Des sources diverses m’éclairent sur l’affaire de protocole. La « Danza » a été ressuscitée par une association culturelle d’Aldán. Ils ont un site internet intéressant, ou on pioche pas mal de ressources sur l’histoire de la procession et du village d’Aldán. D’après El Pais (article en espagnol ici), en 1996, l’association aurait exigé de la comtesse qu’elle ne reçoive plus les danseurs du haut de son balcon, entourée par ses amis invités pour l’occasion. « Vous venez en bas, au milieu de tout le monde, et laissez les gens du village participer à la cérémonie. ». Fin de non recevoir, de la part de la comtesse. « Je suis chez moi, je m’installe ou je veux ». Mais l’association ne voyait pas les choses aussi simplement. Depuis, la procession de l’après midi ne vient plus danser dans la cour du Pazo. (Update 3)

IMG_0395Luis grimpe sur le monticule de granit devant la maison du comte, à coté d’un colombier en pierre. « Ici, il y a des traces d’une construction, et des tombes creusées directement dans le granit. » HorreoC’est surprenant, en effet. Une tombe de forme anthropomorphe, qui fait « baignoire » , remplie par la pluie de ces dernières semaines. Tout est surprenant, à Aldán. Le Pazo, avec sa cour en dalles de granit ou on séchait le maïs dans les années fastes. Le Muiño (moulin, en gallego), un peu décrépit, le lavoir en pierre, probablement en utilisation, comme souvent en Galice, le petit pont sur la rivière qui alimente la Ria. Et la « Danza ».

Sous l’ombre de l’énorme « horreo » des Canalejas, avec ses trois (exceptionnel) rangées de poteaux, nous partons. Aldán nous aura charmé.

Promis, nous reviendrons. Peut-être bien mouiller avec Roz Avel, au fond de la Ria. Sous le soleil. Exactement.

  Le lavoirLa Danza, vue par Nathalie

Le site de l’Association Culturelle San Sebastián Aldán

La Danza de San Sebastián sur Wikipedia

Le Faro de Vigo, sur la Danza de San Sebastián

Deux articles sur Atlantico.net, ici et ici

Le Faro de Vigo, sur la lignée des Canalejas

Quelques éléments de généalogie des Canalejas (page 134)

Update 1 – (dans le texte) La légende des cinq fleurs de lys selon le Padre Crespo

Update 2 – ressource externe – Beatriz Varela et documents de la fondation Confraria do Martir de San Sebastián. Les origines de la Danza sont bien plus anciennes que le document de 1678. Premier document a évoquer la danse, il en parle comme d’une « coutume ancienne ». De l’avis général, la danse a commencé comme une danse païenne, qui a ensuite été christianisé par l’église. D’après Varela, la transition aurait eu lieu au XIIème siècle, lorsque la peste est arrivée sur ces terres. La fin de l’épidémie a du être attribuée à l’intervention de San Sebastián, et la danse lui a été dédiée en remerciement. Cette danse a toujours été étroitement liée aux Comtes de Aldán et probablement dansée au Pazo au moment de la récolte, lorsque les Comtes ouvraient la porte à leurs vassaux pour se faire déposer leur part. Des danses se pratiquent dans d’autres communes du Morrazo, entre autres à Darbo mais surtout à Hio, qui partage la Ria avec Aldán. La musique est la même (et d’ailleurs le gaïtero actuel est le même, et habitant Aldán), la procession est cependant différente, c’est une danse de pèlerins, dans des costumes de pèlerins.

Update 2 – ressource externe – l’Association Culturál San Sebastián s’est vue dans l’obligation, il y a quelques années, de changer le scénario du palais pour le centre de la paroisse, suite a des désaccords avec  la veuve du dernier comte de Canalejas, dona Fuencisla Roca de Togores Rodriguez de Mesa Tordesillas y Cervera. L’actuelle maîtresse du château aurait affirmé que la danse de San Sebastián était « une cérémonie d’hommage du peuple » qu’elle présidait depuis le balcon du palais.

Un an bun, prietene

Ai venit să ne strângi mâna, la Locmiquélic, la Port Tudy, la La Trinité, la Arzal sau la La Roche Bernard. Ai avut încredere în noi, ne-ai dat pe mână un velier pe care nu-l cunoșteam, ai strigat, vesel ca un puștan, pe digul de la La Trinité « ați pus prelata pe dos », ai pus pe Facebook poza aia cu inscripția « Au îndrăznit… ». Ai venit la noi să ne propui sa degustăm o sticla din cel mai bun Champomy. Ne-ai invitat la masa, la Piriac, la Penestin, prin alte locuri, și prietenia ta ne onorează. Ne-ai trimis mesaje de simpatie care nimereau de fiecare data la momentul potrivit. Ne-ai ajutat sa ieșim cu basma curata dintr-o poveste sordida cu un apartament, ne-ai ajutat sa-l vindem la un preț bun, ne-ai găzduit, când aveam nevoie, ne-ai dat o mâna de ajutor ca sa-l zugrăvim. Ne-ai invitat la prânz, pe oglinda apei, pe noi care nu reușeam sa mai plecam, pe apa. Ne-ai dat un brânci, înainte, când aveam tendința sa ne lamentam despre soarta noastră…
Si am luat-o înainte…01
Ne-ai susținut, într-un montaj financiar complet nebun… pentru iahtul vieții noastre… si tu, sora-sa, ai fost la cârma în cursul aceleiasi manevre periculoase, am facut o escala la tine în orasul ovalului roz si tu umpleai paharele cu aceeasi « meserie » ca în Corsica, tu, seful de cart al aperitivelor nenumarate. Ne-ai urmarit construind cea mai minunata barcuta din lume, ne-ai lasat sa 02Bneplimbam cu cea mai artistica masinuta din lume, ai fost a doua mama a musului echipajului. Ai fost pe punte si în careul lui Roz Avel, ai sorbit un Punch Planteur si ne-ai urat « vânt bun ». N-ai putut urca la bordul lui Roz Avel, dar într-o zi o sa vii, suntem convinsi. Ne-ai oferit o carte, un pavilion, o vaza… un pupic. Ne-ai pus deoparte un regulator de alura la tine în garaj, un briceag la tine în iarba, ne-ai facut surpriza anului, în mijlocul unei cozi, la aeroportul din Porto. Ne-ai gatit scoici, tu si Prosper. Ne-ai tinut parâmele, în ecluza, si ne-ai spus « n-o lalaiti… » ceea ce nu ne-a împiedicat sa stam câteva ore înfipti în namol, la gura Estuarului La Vilaine.
Si am luat-o înainte…

02A
Ne-ai facut cadou un méga Gwenn ha du în port la Gijon, dar ai trecut pe seara sa verifici ca l-am înaltat, la babord… norocul nostru ca-l înaltasem, la babord. Ai onorat farfuria de spaghetti cu sartine. Ne-ai ajutat sa petrecem niste momente minunate la A Coruña, de la demontatul electromotorului la « E-sleeve » cazuta în apa, la instalarea lui Hydrovane si la câteva sedinte de vâslit prin port, la bordul lui Little Gu. Ne-ai umplut de veseie cu barcuta ta din placaj plina de prunci roscati ca niste irlandezi, skipperul tau cu nume prestigios, secundul tau plin de caldura si de farmec. Ai oferit o cafea unui skipper pe care nu-l cunosteai, un tip de pe velierul ala frantuzesc la ancora în fata plajei Mayor, era într-un bar din Malpica, mi-ai explicat insistent ca pe-aici se cheama Coasta Mortii. Ne-ai trimis mesaje încurajatoare de la Muxia. Ne-ai prezentat superbul tau catamaran galben, la Sada, tocmai gasisesi niste cascaval de-àla bun, de-ala evetian. Ne-ai povestit cum ti-ai construit superbul tau yacht verde din lemn laminat, la Escarabote, ai venit sa ne gusti mâncarea si datorita tie am descoperit « Licor de leite ». Am împartit un blid de lasagne, împreuna, la Muros, ne-ai invitat sa bem o bere la bordul joncii tale, ne-ai atentionat, la ancora, la Abelleira « bagati de seama, când iesiti de-aici, nu trageti prea aproape de « viveiros », acolo în fund, e plin de bolovani », si ne-a ajutat.
Si am luat-o înainte…

03
Am navigat cot la cot în Ria de Arousa, am împartasit nenumarate pahare de aperitiv sub prelata, la umbra, ne-ai gatit « pimientos de Padron », tu ne-ai oferit o carte pe care va trebui, la rândul nostru, s-o transmitem unor marinari, în trecere pe la noi prin careu. Ne-ai ajutat sa ne extragem ancora si lantul din menghinea lor de piatra, ne-ai agatat parâmele când am ajuns la ponton, la Nautico Barrana, disperati, dupa aventura zilei. Ne-ai învatat sa facem empanadillas. Tu ne-ai învatat sa instalam o plasa. Ai împartit cu noi o nefericita de « centolla » care nu avea prea multa carne pe sub clesti. Ne-ai însotit pe creste de-a lungul lui Rio Pedras, sa ne îmbaiem în piscinele naturale. Ne-ai facut poze, « cu toate pânzele sus », în fata insulelor Ons. Ne-ai încurajat sa lasam ancora sub vântul digului, la Combarro.OLYMPUS DIGITAL CAMERA NE-ai aratat acuarelele tale, ai povestit de pictura cu capitanul, am admirat tinuta si stapânirea de sine a echipajului tau… Ne-ai servit o « cana » în « taperia » ta cu numele vasului nostru. NE-ai povestit viata ta la Paris, erai bucatareasa lui « messié Pompidou, bou sabez, le ministre… ». Ne-ai povestit micile tale mizerii, cardul Visa, drogatii din Porto Deportivo, « et patati et patata ».
Si am luat-o înainte…

04B
Ai venit sa ne vezi, cu barcuta ta pneumatica, si ai facut un stânga-mprejur pudic când, la ancora în fata plajei de nudisti, armatoarea încerca sa-si bronzeze sânii. Ne-ai însotit pe coclaurile de pe Monte Facho, am contemplat Cabo de Home si ne-am întrebat, despre Castro àsta… oare unde erau budele ? Ne-ai linistit, când am spart Little Gu în elicea lui Perkie, ne-ai luat pe toti cu forta sa chefuim la San Pedro, ne-ai scos din rahat, cu dinghy-ul tau pneumatic, când am ajuns, fara elice si fara vânt, la pontonul lui Club Nautico de Rodeira. Ne-ai împrumutat o cheie de bujii, ne-ai dat datele unui fabricant de elici si asa a început o prietenie agreabila. Ne-ai împins pâna la cheiul santierului naval, ne-ai cumparat acuarele ca sa ne putem plati elicea, ne-ai ajutat pur si simplu sa ne platim elicea, inventând un pretext oarecare, neinventând nimic, ne-ai împins iar înainte, cu un brânci peste fese.

05
Si am luat-o înainte…
Ne-ai primit în port ca pe niste prieteni, ne-ai pus la dispositie instalatiile, hangarul. Ne-ai reparat motorul, ne-ai schimbat axul elicei, invitat la crâsma, dus cu masina la gara, ai fost cel mai simpatic dintre toti mecanicii. Ne-ai slefuit « oglinda » coca lui Roz Avel, ai gasit tot timpul câte-o vorba buna de spus, chiar daca uneori era în gallego, ne-ai convins sa ne ducem sa desenam « el Cruceiro de Hio ». Ti-au placut acuarelele, ne-ai facut gestul prietenesc de a cumpara câteva. Ne-ai oferit cel mai incredibil platou de « mariscos » din viata, ne-ai servit un blid de « chipirons de la Ria » fara pereche, chiar daca la tine acolo are nume portughez. Ai venit la bord sa ne iei un interviu, cu fotograful tau cu tot, si te-ai cam speriat când, legat de ponton, sub rafale de 35 de noduri, vasul lua banda. Articolul ne-aé placut. Ne-ai emotionat, cu zâmbetul tau perpetuu, cu pruncul tau pe cale de a se naste, cu disponibilitatea de orice clipa. Ne-ai ajutat. Si am luat-o înainte…

06
Ne-ai împins înainte, sa pregatim o expozitie. Ne-ai gasit o super sala. Ne-ai dat o mâna de ajutor monumentala pentru tot ce trebuia facut acolo. Ne-ai primit acasa cu lacrimi în ochi. Ai alergat cu mine peste tot. Ai stat cu mine de povesti, ai stat noaptea s-o ajuti pe armatoare cu cele 80 de « empanadillas ». Ai lipit afise. Ai venit sa ne vezi, la vernisaj. Ai venit dintr-un capat de tara sa ne vezi. Si tu ai venit din alt capat de tara sa ne vezi. Si voi, nebuni dupa barci, nu neaparat dupa acuarele, ati venit din diverse capete de tara ca sa ne vedeti. Ai tinut un discurs formidabil. Ai lansat niste idei formidabile. M-ai invitat la o emisiune de televiziune formidabila. Mi-ai vorbit despre pasiunea ta pentru barci cu vele, despre iahtul prietenului tau, despre povestea lui, despre victoriile în regate. Mi-ai facut un pic de loc, la tine pe blog, ca sa-mi public elucubratiile. Mi-ai scris niste lucruri minunate. Ne-ai transmis cheful de-a face lucruri minunate. Ai visat împreuna cu mine la un proiect minunat, pe care o sa-l facem într-o zi, împreuna. Ti-au placut acuarelele mele, tu care faci acuarele minunate.
Si am luat-o înainte…

07
Ai parcurs o frântura de drum, împreuna cu noi. Ai mai parcurs o frântura de drum împreuna cu noi, tare ne-a placut… Ai luat afacerile în mâna, afaceri care începusera s-o ia razna. Ne-ai primit în casa ta, superba, ne-ai pus un pahar de « Floc », ne-ai pus un pahar de vin alb, ne-ai servit cu fileu de rata, ne-ai pus un pahar de « Armagnac », ne-ai servit cu prietenie, în niste halbe mari… Ne-ai îngrijorat, ne-ai întristat, ne-ai însotit, ne-ai asteptat, ne-ai vazut plecând la drum..
Si am luat-o înainte. Din nou. Înca un tur de manivela De la 13 la 14.

08Voeux
Te-am luat la « per-tu », prietene. Poate ca te-am uitat, pe undeva, printr-un port. Nu te-am uitat, sigur nu, esti pentru totdeauna la noi în suflete. De-acum încolo faci parte din echipajul lui Roz Avel.
Îti multumim ca ai fost pe lânga noi în 2013. Sa fii fericit, sa fim fericiti. Sa mai dam un tur de manivela.
Pentru turul urmator ne vedem în 2015. Noi o sa mai înaintam cu câteva mii de mile.Împreuna. Un an bun, prietene.

Bonne année, l’ami(e)

T’es venu nous serrer la pince à Locmiquélic, à Port Tudy, à La Trinité, à Arzal ou à La Roche Bernard. Tu nous as fait confiance pour skipper un bateau qu’on ne connaissait pas, tu t’es écrié, guilleret comme un gamin, depuis la jetée de La Trinité « votre cagnard est à l’envers », tu as mis sur Facebook la photo avec la légende « Ils ont osé le faire… ». Tu es venue nous retrouver pour déguster une bouteille de ton meilleur Champomy. Tu nous as invité a déjeuner, à Piriac, à Penestin, ailleurs aussi, et ton amitié nous honore. Tu nous as écrit des messages de sympathie qui tombaient toujours juste. Tu nous as aidé a en sortir d’une histoire sordide d’appartement, tu nous as aidé à en tirer un bon prix, tu nous as hébergé quand on en avait besoin, tu nous as donné un coup de main pour refaire quelques peintures. Tu nous as invité a déjeuner sur l’eau, alors qu’on n’était pas encore partis, sur l’eau. Tu nous as poussé les fesses vers l’avant, quand elles avaient tendance a s’apitoyer sur leur sort, nos fesses…
Et on a avancé…01
Tu nous as soutenu pour un montage financier de malade mental… pour trouver le bateau de notre vie… toi aussi, sa sœur, t’as été à la barre pendant la même manœuvre hasardeuse, nous avons fait escale chez toi dans la ville d’un rose ovale et tu remplissais les verres avec le même « métier » qu’en Corse, le bosco des apéros que t’avais été. Tu nous as vu construire le plus beau des canots, tu nous as fait circuler dans la voiture la plus artistique du monde, t’as été la deuxième maman de notre moussaillon. T’as été sur le pont et dans le carré de Roz Avel, à siroter le Planteur et nous souhaiter bon vent. Tu n’as pas pu monter sur Roz Avel, mais tu viendras un jour, nous en sommes certains. Tu nous as offert un livre, un pavillon, un soliflore… tu nous as fait la bise. 02BTu nous as gardé un régulateur d’allure dans ton garage, un couteau pliant dans ta pelouse, tu nous as fait la surprise de l’année, au milieu d’une file d’attente de l’aéroport de Porto. Tu nous as fait manger des moules avec Prosper. Tu nous as tenu les amarres dans l’écluse, et nous a dit « traîne pas… » ce qui ne nous a pas empêché de passer quelques heures plantés dans la vase de l’embouchure de la Vilaine.
Et on a avancé…

02A
Tu nous as offert un méga Gwenn ha du dans le port de Gijon, mais es passé t’assurer qu’on l’avait bien envoyé dans les haubans, à babord… heureusement qu’on l’avait fait, à babord. Tu as honoré le plat de spaghetti aux sardines. Tu nous as aidé a passer de bons moments à La Coruña, entre le démontage du solénoïde, le « E-sleeve » tombé dans l’eau, la mise en place du Hydrovane et quelques belles séances d’aviron dans le port, à bord de Little Gu. Tu nous as rempli de joie avec ton petit bateau en contreplaqué rempli de petites têtes rouquines comme des gamins d’Irlande, ton skipper au nom prestigieux, ton second plein de chaleur et de charme. Tu as offert un café à un skipper que tu ne connaissais pas, un gars du bateau français mouillé devant la Playa Mayor, c’était dans un bar de Malpica, tu m’as bien fait comprendre que par ici, ça s’appelait la Côte de la Mort. Tu nous a envoyé des messages d’encouragement de Muxia. Tu nous a montré ton superbe catamaran jaune à Sada, t’avais trouvé du gruyère, du bon, du suisse. Tu nous as parlé de la construction de ton superbe bateau vert en bois moulé à Escarabote, tu es venu manger notre cuisine, et tu nous as fait découvrir le « licor de leite ». Tu as partagé nos lasagnes à Muros, tu nous as invité boire une bière a bord de ta jonque, tu nous a prévenu, dans le mouillage d’Abelleira « faites gaffe, en sortant, ne serrez pas de trop près les viveiros, là-bas, il y a des cailloux », et ça nous a bien aidé.
Et on a avancé…

03
Tu as navigué de conserve avec nous dans la Ria de Arousa, nous avons partagé quelques apéros sous le taud de soleil, tu nous as fait des « pimientos de Padron », tu nous as offert un livre qu’on doit, à notre tour, offrir à des marins de passage. Tu nous as aidé a sortir l’ancre et la chaîne de son amas de rochers, tu nous as pris les amarres lorsque nous sommes arrivés au ponton de Nautico Barrana, dégoûtés de notre mésaventure. Tu nous as appris a faire des empanadillas. Tu nous as appris a poser un trémail. T’as partagé avec nous une malheureuse araignée dans laquelle il n’y avait pas grand chose a manger. Tu nous as accompagné sur les crêtes de Rio Pedras, a se baigner dans les piscines naturelles. Tu nous as pris en photo sous voiles, devant les Islas Ons. OLYMPUS DIGITAL CAMERATu nous as encouragé à mouiller sous le vent de la digue, à Combarro. Tu nous as montré tes aquarelles, t’as parlé peinture avec le capitaine et on a admiré la tenue et maîtrise de l’équipage… Tu nous as servi une cana dans ta taperia au nom de notre bateau. Tu nous as parlé de ta vie à Paris, cuisinière de « messié Pompidou, bou sabez, le ministre… ». Tu nous as raconté tes misères, ta carte bleue, les drogués du Porto Deportivo, et patati et patata.
Et on a avancé…

04B
Tu nous as rendu visite avec ton pneumatique et fait pudiquement demi-tour lorsqu’en face de la plage de nudistes l’armatrice tentait de bronzer ses nichons. Tu nous as accompagné a crapahuter sur le Monte Facho, a contempler le Cabo de Home et a se poser des questions sur le Castro… c’était ou, les toilettes ? Tu nous as rassuré lorsqu’on a éclaté Little Gu dans l’hélice de Perkie, tu nous as embarqué de force a faire la fête à San Pedro, tu nous as sauvé la mise, avec ton annexe, lorsque sans hélice, sous voiles et sans vent, on a du prendre le ponton du Club Nautico de Rodeira. Tu nous as prêté une clé a bougies, donné les coordonnées d’un fabricant d’hélices et ça a été le début d’une agréable amitié. Tu nous as poussé jusqu’à la darse du chantier, tu nous as acheté des aquarelles pour nous aider a payer notre hélice, tu nous as juste aidé a payer notre hélice, en inventant des prétextes, sans rien inventer du tout, tu nous as encore une fois poussé a aller de l’avant.

05
Et on a avancé…
Tu nous as reçu comme des amis dans le port, les installations, les hangars. Tu nous a réparé le moteur, changé l’arbre d’hélice, invité au resto, emmené à la gare routière, t’as été le plus sympa des mécanos. Tu nous as poncé « miroir » la coque du bateau, tu as toujours trouvé un mot sympa a dire, même si des fois, c’était en gallego, tu nous as convaincu a aller dessiner le « Cruceiro de Hio ». Tu as aimé nos aquarelles, tu nous as fait l’amitié de nous en acheter quelques unes. Tu nous as fait manger le plus extraordinaire plateau de « mariscos » de notre vie, tu nous as servi un plat de « chipirons de la Ria » comme nul autre pareil, même si chez toi, ça porte un nom portugais. Tu es venue nous interviewer à bord, avec ton photographe, et t’as flippé quand au ponton, par 35 nœuds en rafales, le bateau prenait de la gîte. Ton article nous a plu. Tu nous as ému, avec ton sourire a toute épreuve, ton bébé a naître, ta disponibilité. Tu nous as aidé. Et on a avancé…

06
Tu nous as poussé a préparer une expo. Tu nous as trouvé une super salle. Tu nous as donné un coup de main monumental pour tout ce qui devait être fait. Tu nous as reçu dans notre maison, les larmes aux yeux. Tu as couru partout avec moi. Tu as passé du temps a papoter avec moi, t’as donné un sacré coup de main, a cuisiner des « empanadillas » la nuit. T’as collé des affiches. T’es venu nous voir, au vernissage. Tu es venue depuis le bout du pays pour nous voir. Toi aussi, tu es venu depuis l’autre bout du pays pour nous voir. Vous, amoureux des bateaux, pas forcement des aquarelles, vous êtes venus depuis différents bouts de pays pour nous voir. Tu as tenu un discours formidable. Tu as lancé des idées formidables. Tu m’as invité dans ton émission de télé, formidable. Tu m’as parlé de ta passion pour les bateaux, du bateau de ton ami, de son histoire, de ses succès en course. Tu m’as permis de construire des projets. Tu m’as donne de la place, sur ton blog, pour publier mes élucubrations. Tu nous as écrit des choses merveilleuses. Tu nous as donné envie de faire des choses merveilleuses. Tu as rêvé avec moi d’un projet merveilleux, qu’on fera ensemble, un jour. Tu as aimé mes aquarelles, toi qui en fais de si belles.
Et on a avancé…

07
Tu as fait un bout de chemin avec nous. Tu as refait un bout de chemin avec nous, on a adoré ça… Tu as pris des choses en main, des choses qui commençaient a tourner mal. Tu nous a reçus dans ta belle maison, tu nous as servi un Floc, tu nous as servi un coup de blanc, tu nous as servi du magret, de l’Armagnac, tu nous as servi de l’amitié dans des grosses chopes… Tu nous as inquiétés, tu nous as attristés, tu nous as accompagné, tu nous as attendus, tu nous as vus repartir.
Et on a encore avancé. D’un cran. De 13 à 14.

08Voeux
Nous te tutoyons, l’ami(e). Nous t’avons peut-être oublié quelque part, dans un port. Nous ne t’avons sûrement pas oublié puisque tu restes pour toujours dans notre cœur. Maintenant tu fais partie de l’équipage de Roz Avel.
Merci d’avoir été là, en 2013. Sois heureux, soyons heureux, avançons d’un cran.
Pour le cran suivant, rendez-vous en 2015. Nous avancerons encore de quelques milliers de miles. Ensemble. Bonne année, l’ami(e)

Tout sera sur les murs

Après quatre mois en Galice, des aventures passionnantes, des paysages somptueux et des lumières envoûtantes (et je ne parle plus ici de l’assiette de « chipirones fritos » de Betty, dans la super taperia « O’ Portujès », devant l’église de Cangas) la production d’aquarelles de Roz Avel s’expose à Timisoara.

Vernissage le 20 novembre, à 17h, à la Galerie Theresia, Bastion.

După patru luni în Galicia, aventuri pasionante, peisaje majestuoase și o lumină vrăjită (și nu mai vorbesc de farfuria de »chipirones fritos » ale lui Betty, în super taperia « O’ Portujès », lângă biserică, la Cangas) producția de acuarele a lui Roz Avel se expune la Timișoara.

Vernisaj pe 20 noiembrie, la 17h, la Galeria Theresia, Bastion.

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Deux mats en bois. Un dimanche tranquille dans la Ria de Vigo.

Se réveiller le matin, devant un ciel INCROYABLE. Enfin, se réveiller – c’est beaucoup dire. Voir un ciel INCROYABLE sur l’Ipad d’Aglaé. « Joli, non ? » « Si, si…)

Cangas vers Vigo271013

S’extraire du duvet, sous la pression de Gin. « Mgrrrrrouiashrchgnlanlanlabrrrr »… « OK, j’ai compris. » « Wafurschlchchch » « Bon, bon, j’arrive ». Il veut pisser. Il a le droit. On y va, c’est bon.

goeletteBoire un café. Vite-fait. Enfiler un pantalon. Enfiler le harnais au chien. Bon, c’est parti. Il n’y a plus grand chose de l’indigestion violente d’hier soir. Il n’y a plus grand chose du dernier repas, vu que c’était hier à midi. Et je vous passe la façon dont il a quitté mon corps. Depuis la digue, dans la rade, un peu en dehors de la zone protégée par la digue, deux mats se dandinent, au dessus d’un bateau que je n’arrive pas a distinguer. Un peu brumeux, le capitaine. Un peu brumeuse, la Ria de Vigo aussi.

Je vais chercher un peu de bazar sur Roz Avel. Sur le terre-plein d’Adolfo Gallego, je suis au dessus de tout, la digue, le port, les constructions. Le grand brun baraqué qui bosse pour Adolfo me fait un signe de la main. « Holà ! ». Hier, pendant qu’il frottait le cul d’un 50 pieds flambant neuf sur son terre-plein, il m’a dit quelque chose du genre « Celui-là est plus gros que le tien. » Je sors mon appareil photo. Je regarde sur l’eau vers Vigo, pas loin, juste devant la digue. Je la vois. Muy bonita !

Le ferry est en approche, petit bus local qui transporte entre Cangas et VIgo la population de la presqu’île de Morrazo. Le même qui m’a fait battre en arrière, un jour de septembre. On venait de l’Anse de Barra. Il était 7h du mat. La première chose que je me dis est « Regarde ce con, lui aussi il a l’annexe au cul. »goelette2

Ce « con », lui, au moins, reste au mouillage. Il peut la garder à la remorque, l’annexe. La prochaine fois, j’y penserai.

goelette_croisement

N’empêche. Sans ce fâcheux incident, je n’aurais pas connu Cangas. Ni ces points de vue sur Vigo, que les gens de Vigo ne connaissent pas. Le ferry est passé devant la goélette. Sans incident, bien entendu.

goelette_croisement2

Elle n’est pas mal, la vie, finalement.

Update:

Après midi. Le soleil a fini par percer les nuages, donnant une de ces lumières filtrées dont les Rias Baixas ont l’exclusivité en Espagne. Depuis le royaume des chats on a surpris quelques rayons chatouiller la goélette (australienne, on a appris depuis…). Vous pouvez en voir quelques unes en cliquant sur l’image ci-dessous.

 La goelette