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Empanada gallega. De Atun. Aglaé aux fourneaux. Après l’effort…

Aglaé sort les légumes du garde-manger profond qui se niche sous le plan de travail de Roz Avel. Ce soir, après les émotions de la journée, elle a décidé de nous régaler. C’est Maria qui lui a raconté cette recette. Maria navigue avec Daniel sur Tchao Phraya, un Bavaria 32 récent avec lequel on a fait quelques mouillages et quelques apéros, voire une ou deux bouffes à bord des uns ou des autres. Ce soir, c’est empanada gallega. La classique, à « l’Atun ».

10Aglaé découpe en fines lanières des oignons, qu’elle envoie crisser dans la sauteuse. Des lamelles de poivron rouge plus quelques unes d’un vert qui survivait à la dernière séance de magie colorée s’en vont les rejoindre en vitesse. Ça fond gentiment dans l’huile d’olives, accompagné en fin de course de deux ou trois tomates. Quand les choses prennent tournure, une boite de « atun » se joint à l’assemblée qui maintenant chantonne joyeusement dans la sauteuse. Tout ça plus quelques herbes magiques, du genre qui ne fait de mal a personne, voire un peu de piment, si vous en avez envie. Un œuf dur peut passer par là, il sera bien reçu.

La pâte, nous autres, on l’a acheté chez EROSKI. Il paraît que c’est facile à faire, ce sera pour la prochaine fois. Pour l’instant c’est le tour d’essai. La pâte est riche, farine, eau, sel mais aussi huile d’olives. On trouve la façon de faire ici.

Une fois bien étalée au rouleau a pâtisserie la pâte est divisée en deux parties, gentiment couchées sur papier sulfurisé. La petite sauterie dont je vous racontais les exploits s’étalera sur une des moitiés. L’autre la recouvre. Laissez déborder un peu, reliez les deux feuilles entre elles et badigeonnez au jaune d’œuf. Les mots magiques prononcés par Aglaé, je ne vous les donnerai pas. A chacun ses secrets. Au four, et puis on attend. On surveille, il faut juste que la pâte soit cuite et le dessus bien doré.22_apres four

A table, avec un verre d’Albarino des Rias Baixas, c’est un régal. On commence a parler d’autres versions, de ce qu’une amie chilienne m’a fait gouter dans une autre vie, des empanadas au fromage, au bœuf avec des raisins secs… On est comme ça, sur Roz Avel. On bouffe, et on parle bouffe. La culture de la marmite. Ou le culte… c’est selon.

Sur le blog de Elvira, la version en français, une brève histoire des empanadas, on comprendra comment ça se fait qu’en Amérique Latine on en fait aussi. Elvira tient une « Tasca » à Terceira, aux Açores, elle explique sur son blog ce que c’est, ce truc là. Des « Tasca » on en a trouvé aussi à Muros et à Camarinas, on sent rapidement le lien entre les galiciens et les portugais.

Pour l’histoire en images, cliquez sur l’ardoise.

Empanada

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Escarabote, dans la Ria de Arousa. La plage de Barrana. « Esteiro de Corona », cimitière de bateaux sans nom.

Deux types, dans un bateau rouge, pêchent au filet dans la baie encore endormie. Le soleil se lève sur eux, dans un éclat d’or. Little Gu file sur le rivage, crissant sur les gravillons. Un monsieur d’une bonne soixantaine d’années descend de sa terrasse pour me donner un coup de main. « Buom dia ». « Holà » je réponds. Le « gallego » reste encore un terrain inconnu pour moi. Le chien errant du bout du port vient nous voir, pour saluer Gin. Derrière la prame, sur un caillou, des goélands tiennent leur réunion de travail de fin de semaine. Une vieille dame marche dans la mer. Un vieil homme ramasse des coques vides, dans un sac en plastique bleu. Les risées troublent temporairement la surface de l’eau. Dans l’estuaire de Corona, une grande aigrette blanche envoie des coups de bec à la recherche d’une hypothétique nourriture. En face d’elle, sur la grève, trois squelettes de bateaux n’en finissent plus de pourrir. A quelque centaines de mètres au dessus de nous, les crêtes rocailleuses de la Sera de La Curota nous regardent d’un air blasé.
Quelques nuages effilochés voilent le soleil. La ria se réveille doucement, nous aussi. Il est 8h 30 à Escarabote, sur la Playa de Barrana, dans la Ria de Arousa…
J’adore ce pays.

Escarabote, Arousa, Galice
vendredi 16 aout, 8h30

Mise à jour de samedi soir, 18h30. Les miettes sont déjà nettoyées, la vaisselle faite par les soins d’Aglaé. Le soleil de l’après midi, celui qui tape bien, est en train de devenir plus aimable. Les amis de deux bateaux voisins, Michelle et Roger de Tarann et Maria et Daniel, de Tchao Phraya, sont rentrés chez eux. Nous avons passé un de ces moments qui rendent la vie de mouillage unique. Barbecue sur la terrasse (le cockpit de Roz Avel), piscine en contre-bas (les eaux à 24° de la Ria de Arousa), quelques bonnes bouteilles de vin espagnol. Ça faisait suite à la soirée d’hier quand le tajine de poulet aux citrons et légumes d’été a été consommé avec furie par les mêmes, dans le carré de Roz Avel. Nous sommes en train de nous dandiner au bout de notre chaine, en digérant lentement. Nous digérons notre vie de nomades. Ça a bon gout.
Je suis en retard d’une demi-douzaine d’articles. Ça va tomber dans les deux jours qui suivent. Les marinas, ça a quelque chose de bon, on met le blog à jour.
Bien à vous, depuis la Ria de Arousa.

Chipirons

chipirons« Tiens, des chipirons… on en prend un peu ? » Aglaïa, sceptique « Mais tu sais les cuisiner ? » « On trouvera bien une recette… »
Le gars du rayon « pescados y mariscos » du GADIS nous regarde d’un air blasé lorsqu’on essaie de lui faire comprendre qu’on veut des chipirons, juste assez pour deux personnes. « Dos personas… for us… pour nous deux… ». Le sachet s’ouvre dans sa main et se remplit petit à petit. « C’est bon comme ça, stop ».

Des petites seiches, ou calamars, ou calmars, appelés aussi « soupions » en Provence, les chipirons sont relativement chers à Paris, alors qu’au GADIS de A Coruña ils étaient à 3€ le kg… avouez que c’est peu cher.  En Galice, comme au Pays Basque, Navarre ou au Portugal on les cuisine de plein de façons, ça va des tapas ou des salades aux plats au four. Mmmm, les chipirons farcis, avec une sauce à la basquaise… un vrai délice.
Voilà ce qu’on en a fait.

On a sorti de la cambuse un gros poivron rouge, deux « pimientos italianos » (pas importé d’Italie, ne vous inquiétez pas, ils sont du pays), trois gousses d’ail, un gros oignon. L’arme secrète du chef, en ce moment, est le Pimenton de la Vera. Ce coup-ci j’ai mis du « Dulce ». Hier, dans les foies de volaille, j’ai mis du « Piquante ». Un vrai trait de génie qu’ils ont eu, les espagnols, en inventant ce piment finement fumé. Un site pour nous en parler – merci à Papilles et Pupilles.

Pimenton de la VeraLe reste est facile. Les chipirons se nettoient facilement, on sépare le corps des tentacules en tirant d’un coup sec, il y a deux lamelles cartilagineuses qui normalement viennent aussi, on enlève ce qu’on n’aime pas et on nettoie bien l’ensemble à l’eau claire. Ensuite on coupe les corps en rondelles et les tentacules en morceaux.
On prépare les légumes, l’oignon et l’ail émincés, les poivrons et les « pimientos » coupés en fines lanières. A portée de main, la bouteille d’huile d’olives et un peu de vinaigre blanc (pas ça à bord, alors j’ai mis un trait de vinaigre de cidre)
On fait sauter dans un peu d’huile d’olives les chipirons. Sfffffsssssrrrrr… une bonne dizaine de minutes (les tentacules, les morceaux étant petits, on peut les mettre un peu plus tard). On resèrve tout ça.
On jette dans la sauteuse les oignons et l’ail.Re- Sfffffsssssrrrrr… on parsème ça de Pimenton de la Vera, j’ai aussi rajouté une bonne poigne de coriandre vert. Quand les oignons deviennent translucides (faites gaffe à pas les bruler, c’est franchement dégueulasse et ça sent dans tout le bateau après) on y rajoute les poivrons et co. On fait tourner tout ça dans la sauteuse, et quand on sent que c’est le moment on y réintègre les chipirons. Cinq minutes plus tard, c’est bon.
C’est vraiment bon.