1,2,3 – la Liga des Caravelle – la régate d’Aglaé

Nous nous sommes inscrits à la Liga de Caravelle, un peu poussés par le comité organisateur pour qui on avait réalisé l’affiche de l’événement. Cette série de régates s’organise à bord de trois Caravelles du Club et s’y sont inscrits neuf équipages composés de trois équipiers. La chose s’organise ainsi : les trois caravelles concourent ensemble sur un parcours-banane, en trois manches, avec changement de bateau entre chaque manche. Au final, tous les équipages devront s’affronter. Les bateaux sont en quelque sorte des monotypes. Ils ont tous été moulés sur la coque d’une vieille Caravelle en bois, dans les années 90, mais la monotypie n’est pas strictement respectée, les voiles ne sont pas strictement les mêmes, le poids de la coque varie d’un voilier à l’autre, d’où le besoin de changer de bateau entre les manches.
C’est très amateur et rustique, mais l’ambiance est là, celle des régatiers.
Nous ne sommes pas des régatiers du dimanche mais il faut bien le reconnaître, sur l’eau on essaye toujours de gratter le voisin comme s’il était un concurrent, nous donnant l’occasion de bien border nos voiles, d’être au poil dans les manœuvres de virement. C’est un petit plaisir qu’on ne boude pas.
Donc ce matin après une courte nuit, couchés à 5h30 pour cause de visionnage de l’excellente série britannique Strike Back, merci Gwendal pour le tuyau, nous nous levons péniblement à 9h pour nous présenter au rendez vous de 10h pour notre régate.
Malgré un bon petit déjeuner, je me sens un peu dans le brouillard, mais je ne m’inquiète pas. Je me suis bien habillé, pour ne pas avoir froid et être à l’aise en même temps. Nous retrouvons Carlos qui sera a bord de son voilier, en guise de bateau comité, il rigole de nos mines un rien défraîchies et nous explique comment ça va se passer, le parcours, le changement de bateau etc. Pendant ce temps les autres équipages arrivent.
Manuel vient nous retrouver à son tour, c’est notre troisième équipier, un mordu de régates de voile légère, c’est une bonne recrue.
Le bateau est rapidement gréé, c’est du sommaire, Manuel nous explique les petits réglages, pour ne pas que la bôme se sauve, pour que la GV soit bien étarquée, deux-trois petits trucs et pendant un petit réglage sur l’arrière de je ne sais trop de quoi ils se prennent, Florin et lui, la bôme – sur la tempe pour Florin, sur le haut de la tête pour Manuel. Je me dis mentalement « c’est une communion qui devrait souder ces deux là, si besoin était ».
Et c’est parti mon kiki, le bateau file bien sur l’eau, on a du vent et un peu de mer. Les rôles sont définis ainsi, je suis le numéro 1, je m’occupe du foc, Manuel est l’équipier qui s’occupe de la GV et de la dérive et Florin est le barreur (el patrón, comme on dit ici).
Nous prenons un bon départ lors de la première manche, sous les directives de Manuel (en espagnol bien sûr, j’ai omis de le préciser). Il me dit où je dois m’asseoir pour bien équilibrer le bateau et ne pas le gêner, m’expliquant aussi que si le bateau prend de la gîte, on ne doit pas choquer la GV, mais que je me mette au rappel. Ça marche pour moi, j’aime bien mon poste, c’est le plus mobile, je n’aurais pas froid. Autant dire que mes sens sont aux aguets, plus du tout fatiguée et super attentive aux «ordres » de Manuel, qui n’arrête pas d’en donner quand ce n’est pas des compliments et ça fuse les : « Florin, baja, baja ! Velocidad, velocidad Florin ! » il y a aussi des « muy bien, perfecto » Il n’arrête quasiment pas de parler, Manuel – je dis à Florin qu’il va être aphone à la fin de la régate, mais finalement non. Avec les bons conseils de Manuel et les bons réglages nous finissons premiers de cette première manche tout contents après un départ pourtant en bon dernier.

Celle-là on va la gagner

Caravelles à couple pour le changement des équipages

Nous passons sur un autre bateau, en se mettant tous à couple, via le zodiac du Club, et commençons à arranger un peu les réglages, puis nouveau départ cette fois en tête, mais le bateau est plus lourd, on le sent tout de suite et ne finirons que seconds cette fois ci.

A couple du zodiac du Club Nautico de Rodeira

Enfin troisième départ sur le dernier bateau à nouveau à régler. Le vent a forcit. Manuel, qui est toujours en train de régler un truc se retrouve avec le hale-bas de bôme entre les mains, le bout a cassé. Ensuite c’est le support du bloqueur d’écoute de « foqué », comme ils disent, qui s’arrache. Ces petites misères nous feront descendre sur la troisième place malgré un dernier bord de portant les écoutes entre les dents.
Après nous être congratulés, nous ramenons le bateau au ponton de la marina, le dégréons, je plie les voiles et les emporte avec le safran/barre au hangar où on les avait pris. Je sens alors la fatigue me submerger et c’est en petit robot que je regagne Roz Avel en vu d’y prendre une bonne douche bien chaude. Faut dire que la journée n’est pas finie, nous avons notre repas partagé dominical avec les amis de Rigel et de La Niña. On doit d’abord retrouver tous les équipages à la Tapéria pour boire un coup, j’ai toutes les peines du monde à garder les yeux ouverts. Nous retrouvons nos amis et déjeunons d’empanadas, de Muffins salés au poulet et au curry et d’une Feijoada.  Le déjeuner avalé je prie l’assemblée de m’excuser mais il me faut une sieste.
C’est en somnambule que je rejoins mon lit, pour deux bonnes heures de sommeil.
Je n’ai pu dormir plus. Il me fallait raconter cette journée.
Aglaé

Celle-là on va la perdre Blouson rouge sous le « foqué » à bandes bleues – Nathalie Smock vert-flashy à la barre – Florin le troisième, au milieu – Manuel

Crédit photos Club Nautico Rodeira, avec les remerciements de l’équipage de Roz Avel

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À propos de Gu sur Roz Avel

Skipper of Roz Avel, a Kelly Peterson 44 cutter, built in Taiwan for Jack Kelly from San Diego, on a Douglas Peterson design. Sailing around the world without deadline or precise destination. Been in Galicia, Portuguese coast, Algarve, Andalucia. Waiting to put at sea again, she spends a tranquil winter in Saïdia, Oriental Morocco

Publié le 7 avril 2014, dans amis, bateaux, Espagne, Galice, traditions locales, voile. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Ca y est, je me sens coupable de vous avoir fait passer une nuit presque banche !

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