Down under « saison II ». Blessures de bois, blessures d’orgueil. « Bruja » ou « meiga » ?

Les amis sont partis, la balade de trois heures sur les crêtes se fait sentir dans les pieds. Laisse faire, pour la vaisselle, on verra demain. Dodo. Henri nous a apporté une vieille, toute fraiche sortie de son trémail, et des moules. On s’est encore régalés, empanadillas, poulet en cocotte avec des petits légumes de saison et épices à Colombo, vins de toutes les sortes et bonne compagnie. Et depuis Combarro on a aussi Magali à bord.

La ligne de bouées jaunes, là-bas, j’y suis allé hier, en annexe, avec mon plomb de sonde. Il restait 4,50m, à marée basse. Même si on y arrive, sur chaine, ça’l fait. On peut dormir tranquille. Puis t’as vu la météo, rien d’affolant. 5 à 10 nœuds, tournicotant entre ouest et est en passant par le nord, stabilisé nord pour la nuit, et ça pour les deux jours qui suivent. Par contre, le temps va se couvrir un peu, t’as vu dans l’après midi ? Les filaments de cumulostratus, ou stratocumulus, ou altostratus… faut sortir le bouquin sur la météo que j’ai acheté il y a 15 ans, en même temps que TINKIETT. A l’époque je naviguais au Havre, à la journée, et je me suis mis a lire des trucs sur la météo. J’ai tout oublié, bien sur… t’as faim ? Moi non plus. Bon, au lit.

Le Castre galego-romain qu’on a visité dans l’après midi a eu raison de nos jambes. J’ai dormi d’une traite, jusqu’au moment ou j’ai senti un truc bizarre. Ca tapait, mais pas comme avant. En général, Little Gu est amarré sur le coté, contre le pare-bat échelle, avec deux autres défenses, le soir on le met à l’arrière pour qu’il vive sa vie. Des fois il tape un peu contre l’échelle de bain, pas méchant. Là, un bruit sourd, ça a même réveillé Magali à un moment donné. Mhahahahahahahaha… elle a fait avec son rire strident et son regard rouge. Magali, c’est une « Meiga ». C’est comme ça qu’on nous l’a présenté à Combarro, quand on l’a invitée a faire le voyage avec nous. 40 cm, une belle robe marron et rouille, un chapeau de sorcière et un rire… comment appelle-t-on ça ? Sardonique ?. Les « meigas » sont les gentilles, celles qui soignent. Elles se rassemblaient dans les villages aux croisements de rues, même que maintenant les curés ont mis des « cruceiros » partout, il n’y a plus une seule place pour discuter tranquilles entre filles. Les « brujas » sont les mechantes, celles qui ensorcèlent les pécheurs les faisant perdre le poulpe au moment ou on le sort l’hameçon. Magali, je pensais qu’elle était une « meiga ». Remarque, c’est peut-être elle qui m’a réveillée, hombre, vas voir derrière, ça tape, c’est bizarre.

Le cul du bateau était contre une de ces bouées jaunes. La limite des 300m, zone de baignade. Pas normal. J’ai décidé de me payer un quart de mouillage, pour vérifier si on dérapait. Et comme il y a une belle lignée de bouées, c’est facile. Pour l’instant ça n’a pas l’air, mais le vent, qu’est-ce qu’il fout ce vent ? Du Sud ? C’était pas prévu… Et soudain LE GRAIN ! De 10 nœuds ça monte à 28-30, le bateau se met a tirer des bords au mouillage, se met en travers avec l’étrave perpendiculaire à la chaine. La bouée jaune est arrivée quelque part du coté du maitre-bau. Là, je me dis, on n’est plus au même endroit que tout à l’heure, c’est clair qu’on a bougé… Moteur !

GRSCHIIIIIT…SCHTRIIIIT… Vrrrroum. Perkie part presqu’en première compression. Tant mieux, ça tombe bien, j’en avais besoin. En marche avant lente, moteur au ralenti, on fait du sur-place, on étale a peine les rafales. Je mets des fois des coups de gaz, pour tourner le bateau bout au vent. Aglaé se réveille.

« On a dérapé ? » Elle au moins, elle pige vite. On relève l’ancre, faut voir ce qu’on fait ensuite. Avec le grain dans la gueule, je n’ai pas très envie de mouiller un peu plus loin, et il est déjà 6h. Dans une heure et demie il fait jour, c’est environ le temps qu’on mettra pour arriver à Vigo, si je ne pousse pas le moteur au déjà de 2000 tours. Jusqu’ici, il me semble qu’on a bien fait notre boulot. Ce con de crochet de mouillage nous emmerde un peu, faudra trouver une solution, mais bon, on y arrive. On remonte tout ça et on part. Tu mets l’ordi en route, s’teuplé, j’ai pas de carte papier d’ici, faudra voir ce qu’on fait. Vas sur ton 165°, c’est propre, dans la Ria de Vigo il y a peu de cailloux, pas comme à Escarabote, tinkiett. BOn, ça, c’est fait. Les « viveiros » sur bâbord sont parés, on voir la bouée rouge qui clignote, on vire doucement est, d’abord tu fais du 105, après du 90, ensuite, après l’autre bouée tu peux carrément monter sur 60. Il est 7h, vas-y mollo, laisse au jour le temps de naitre. T’as vu le sapin de Noël flottant qui remonte depuis le « canal del norte », vers les Cies ? C’est probablement un paquebot… il vient lui aussi sur Vigo, ça va nous emmerder, ça.

Dis, Aglaé, tu peux monter un peu ? Regarde, sur bâbord, il y a Cangas, tu sais, là ou Maria et Daniel ont choisi d’hiverner le bateau. C’est bien moins cher que Vigo, on n’a pas le paquebot dans les pattes et on se donne le temps de ranger, d’aviser et de prendre une décision. OK capitaine, on y va à ton Cangas. Bon, alors tu vérifies si c’est propre pour la-haut, maintenant il fait jour, j’ai noté un « danger isolé ». Je m’en méfie, maintenant, des dangers isolés. Ben celui-là, pas de souci. Ils notent un caillou mais il est à 4m et en plus on est à mi-marée. T’y passes. Bon, j’arrondis quand même.

Tu te souviens, Daniel parlait des batôbus pour Vigo, toutes les demi-heures. T’en vois, un ou deux, là-bas ? Dis-donc ils n’arrêtent pas, c’est le ballet… ben oui, c’est des gens qui bossent à Vigo et vivent à Cangas, c’est le bus, quoi. Tiens, on pourrait aller à Vigo en batôbus… Attends, je bats en arrière, je le laisse passer, il vient un peu vite. MERDE, LE CANOT !

Little Gu s’enfonce sous la coque de Roz Avel, sur le bâbord. Le bout de remorquage s’arrache en partie, avec toute la première virure sur son bâbord. Ou peut-être tribord, je ne sais plus, puis c’est pas grave. J’essaie un coup de marche-avant, arrière… je me suis dit que c’était un des supports de panneau solaire, j’avais rêvé… rien. Le moteur y va aussi, des sous-marins avec des hors-bords, ça existe pas, madame. Attends, gonfle le pneumatique. Vite. Faut faire quelque chose. Sauver les meubles. On mouille.

T’as quoi comme fond ? 14m. Bon, on file toute la chaine, ça va nous tenir en place le temps de bosser. Il y a un peu de courant, mais zéro vent. Le grain de tout à l’heure s’est dissout dans les gouttes de pluie. Un lac. Derrière nous, comme pour nous encourager, une… deux… une dizaine de dorsales gris-foncé. Un d’entre eux fait un saut, c’est un grand tursiops, ça fait plaisir. Bon, pas le temps de contempler les dauphins. Au boulot.

J’enfile ma combi. Dis, me propose Aglaé, tu ne crois pas qu’on devrait couper le moteur ? L’échappement crache toute l’eau sur tes jambes, et dans le canot. Remarque, elle est tiède… OK, coupe. C’est parti. Je te chope le harnais du hors-bord, tu le lèves… tu le tiens ? Non, attends… ça y est. Lève. Ca vient pas. Merde, le bout de sécurité. C’est bon. Défaire un nœud de chaise, les doigts engourdis de l’eau a 16°, alors qu’il est là depuis deux mois… bon, ça l’a fait. Lève. OK. Tu le tiens droit ? Là je ne peux plus. Je le cale… oups… c’est bon, ça y est, celui-là il est à poste.

Tu peux aller récupérer le bordé qui s’en est allé ? Là, avec le courant et tout, non, tant pis. Aglaé, je crois que Little Gu est foutu… NON ! Pas d’accord. On le récupère, on le monte à bord et on le répare quand on a le temps. D’ac, faut le vider, il a 150 litres d’eau dedans… laisse ça, occupe-toi d’abord du bout dans l’hélice.

Ça, j’adôôôre. Plonger en apnée, par 16° et des bananes, sous le bateau. Tu t’esquintes les mains dans les quelques coquillages qui ont elu domicile sous le skeg, du coté du safran, là ou t’as pas bien passé l’antifouling. De toute façon, tu l’aurais bien passé, ils y allaient quand même. De la daube cet antifouling. Un petit filet de sang, avec le froid et le sel, en deux minutes c’est fini. Pas comme le bout.

Une bonne dizaine de plongées plus tard, que dis-je, vingt ? Vingt-cinq ? Des coups de couteau… c’est pas si mal, ça vient mieux qu’à Muros. Faut dire qu’à Muros, on naviguait depuis deux jours avec le bout dans l’hélice. Il était bien serré. Dis, ça sert à quoi un coupe-orin ? Bon, tant pis, c’est comme ça. Maintenant tu tournes le bout dans l’autre sens que celui dont il s’est entortillé, tu constates qu’il y en a deux, enroulés ensemble et plus ou moins noués, tu donnes des coups de couteau de forcené, tu ré-tournes les bouts, là ça vient, par ici ça ne vient plus, entre temps tu n’oublies pas de ressortir à la surface parce que tu n’as plus d’air et plus vingt ans et à chaque plongée ces satanées coquilles… CA Y EST !

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Je suis à bord. Je tremble comme une feuille. Je frôle l’hypothermie. Je crois que je la tiens, l’hypothermie. J’essaie de me frotter à fond avec une serviette, rien a faire. La solution, c’est Aglaé qui me l’impose – une douche chaude et puis fringues sèches. Ensuite je lui donne un coup de main pour vider les restes de Little Gu, ça va mieux, les coups de seau d’eau à bout de bras ont raison de l’hypothermie. C’est bon, on va au port, là.

 

Amarrage au pot de Cangas, proprement, entre deux passages de ces saloperies de batôbus. L’hélice a l’air de tourner normalement, Perkie nous a poussé sans problème au ponton. Enfin j’dis pas trop de mal des batôbus, on va les prendre demain pour faire un tour à Vigo. Pour l’amarrage, rien d’autre à signaler. Je pense que je vous ai assez raconté pour la journée. Sauf que là, j’en ai un peu ma claque, j’aimerais bien que ça s’arrête. J’ai le sentiment qu’il y a eu du laisser-aller, que j’ai été mauvais marin. Il va falloir commencer à faire du bateau « bien » comme disait Tabarly, ou Kersauson, j’sais plus. J’sais juste que là, ce n’est plus du jeu.

Bonne nuit.

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Cangas, Ria de Vigo, Galicia, jeudi, 5 septembre 2013

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À propos de Gu sur Roz Avel

Skipper of Roz Avel, a Kelly Peterson 44 cutter, built in Taiwan for Jack Kelly from San Diego, on a Douglas Peterson design. Sailing around the world without deadline or precise destination. Been in Galicia, Portuguese coast, Algarve, Andalucia. Waiting to put at sea again, she spends a tranquil winter in Saïdia, Oriental Morocco

Publié le 6 septembre 2013, dans bateaux, Espagne, Galice, Roz Avel, voyages. Bookmarquez ce permalien. 16 Commentaires.

  1. C’est vraiment pas de pot …!Enfin si vous avez du contreplaqué et de l’époxy vous pourrez réparer Little Gu tranquillement.Bon courage à tous les deux ( je sais que vous n’en manquez pas ).
    Je vous embrasse.
    Jean.

    • Oui, Jean, pas de pot. Tout le reste s’était bien passé, mouillage relevé sans problème, départ de la baie, même de nuit, pas de souci, et ça arrive juste devant l’entrée du port de Cangas. Mais comme tu dis, on a du CP et de l’epoxy à bord, dès qu’on pourra se poser quelque part pour une dizaine de jours on s’occupera de ça.
      Bien à toi
      L’équipage

  2. Avec un bateau gonflable on peu attacher très court (ce que j’ai oublié de faire plein de fois et on a eu de la chance jusqu’ici), si ça tape c’est pas grave. Avec une annexe en bois, c’est plus délicat. Et une remorque en propylène ? C’est pas très agréable mais au moins ça flotte. Mais j’ai pas testé. Tu as un coupe-orin ? Est-ce efficace ?

    • J’ai un coupe-orin. Est-ce efficace ? Je n'(en sais rien, il a coupé une partie, il a laissé s’entortiller le reste. Sans lui, est-ce que tout ça aurait été pire ? J’espère ne jamais le savoir. Pour une annexe comme tu dis, je n’aime pas ça du tout du tout, mais Little Gu sera réparé dès qu’on pourra se poser quelque part. Et on ne le laissera pas à la traine, on va mettre en place ce qu’on dit depuis un mois qu’il faut faire – un dispositif de levage efficace et rapide. Comme ça on n’aura pas la flemme de le faire.

  3. Bon… Que dire ? Vous savez ce qu’il me vient à l’esprit lorsque les merdes s’enchainent les unes après les autres ? J’analyse mes réactions et je me dis que finalement je ne suis pas si mauvais marin. Et pour avoir bien réagi, vous avez bien réagi. Vous avez tout fait comme il faut, au fur et à mesure que les pépins pointaient leur nez.
    Alors ne vous bilez pas. Il y aura d’autres merdes, c’est pas grave, c’est ça la mer. L’important c’est de les étaler avec style.
    Et c’est ce que vous avez fait !
    (Un conseil en passant, brûlez moi ces poupées à la con. On ne sait jamais) 🙂

    • Gwendal, ça fait du bien de te lire. Je n’ai pas envie de bruler Magali (on brulait ses copines il y a encore peu de temps, et souvent pour des mauvaises raisons). Je préfère me dire que c’est son ricanement qui m’a réveillé. Mais je lui ai filé un avertissement quand même. Comme tu dis, on ne sait jamais 😀

  4. Ô comme je vous comprend, ce sentiment d’être seul et que la nature et le destin se sont mis d’accord pour nous créer les pires emmerdes, ceux qui viennent là ou ne s’attend pas et, bien entendu, au mauvais moment… La vie en mer est vache et ne nous fait pas beaucoup de cadeau. Je sais que je ne vais pas vraiment vous aider en vous racontant ce qui va suivre mais cela vous fera vous sentir moins seuls dans la grande spirale des emmerdements.

    1/ Concernant les grains, nous venons de vivre à peu près la même chose à Annapolis, nous mouillions dans la rivière, des marinas de chaque coté, le vent est « en théorie » dans l’axe de la rivière ainsi que le courant (!) on ne doit pas bouger même si le fond est très moyen au niveau de l’accroche et que nous n’avons mis que 30m de chaine pour pouvoir éviter, puis …. le grain arrive ! 30à35 nds en rafale, tous les bateaux dérapent, nous avons la chance d’être à bord, moteurs démarrés et ciré capelés puis je reste grelotter dehors sous les trombes pendant 3/4h pour éviter le bateau devant qui dérape puis éviter les quais derrière moi et contrer les rafales. Nous remonterons l’ancre ensuite pour aller mouiller ailleurs … Puis on réfléchi… heureusement que nous étions à bord, c’est pas passé loin, on venait juste de rentrer…

    2/ Arrivée à New York, le long de l’Hudson river, on arrive « presque » à l’étale, il y a 2 nds de courant. pas grave une fois à l’intérieur de la marina on sera protégé et je pourrais manœuvrer, de plus il n’y a que 5 nds de vent donc c’est tranquille. Je fais un tour sur place avant de rentrer, le gars de la marina nous voit, nous fait signe pour nous indiquer notre place, ok, c’est serré et je dois faire une manœuvre un peu tendue mais on rentre. Une fois engagés à l’intérieur, nous seulement nous ne sommes pas protégés du tout du courant mais au contraire un effet d’accélération se fait nettement sentir en traversier car ce n’est pas un quai mais un dock sur pilotis, de plus une bourrasque propre au milieux urbains nait au même moment, nous sommes dans un passage délicat (bien sur) et nous sommes immédiatement déportés sur le coté et « Scrotchhh » nous sommes empalés sur les ancres des bateaux sur bâbord. Le courant nous pousse et fait osciller le bateau de gauche a droite, il faut partir sinon on va découper le bateau comme une boite de conserve. Là, je vous épargne les bruits stridents du glissement des boulons du catways et des ancres le long du gel coat qui entaillent jusqu’à la strat’. Deux essais nous serons nécessaires pour sortir de là avec l’aide des proprio qui sont à leur bord… Nous sortons de la marina, faisons une boucle et nous arrangeons avec le gars de la marina par VHF pour aller à une autre place, face au courant cette fois. Un zig et zag plus tard nous voilà installés. Ca bouge, ça cogne contre les pare-batt’ car l’Hudson est fréquenté par de gros bateaux mais, après de longs réglages d’amarres, on est « installés ». Puis le soir, au moment ou je termine la stratification de réparation d’urgence pour éviter les infiltrations d’eau, le gars vient nous dire que nous devons changer de place car c’est celle d’un bateau à l’année et qu’il revient… demain ! Ok… super… le lendemain on attend l’étale (qui n’arrive quasiment jamais dans un fleuve) puis je dois faire faire une marche arrière en angle pour sortir en évitant le quai et les vilains pieux à l’entrée. Je ne peux sortir en ligne droite car le catway et le quai ne sont pas parallèles (emmerde maxi quand tu nous tiens…), je dois appeler quelqu’un qui poussera sur mon étrave avant d’engager ma marche arrière. On y va, faut pas trainer car le courant ne nous laisse pas le choix puis bang contre le quai (???…), on pousse, on pare, on recule à nouveau, puis bang! l’angle du quai, on pivote dessus, on glisse (scrishhhhh) puis les vilains pieux frôlent la jupe arrière si fragile, une rafale de vent nous décolle de 30 cm… machine arrière gros régime, mais le bateau ne recule pas en ligne droite et nous fait une pirouette que je ne lui avait jamais appris avant (???…). Ouf on est dehors, mais immédiatement je sens que quelque chose cloche. Rapidement je m’aperçois que le safran tribord n’est plus dans l’axe. Hier lors des chocs il a du taper et se décaler, les 2 safrans ne sont plus alignés, je comprend mieux pourquoi nous ne sommes pas sortis proprement de notre place. C’est déja ça mais il faut réparer et nous sommes au beau milieux de l’Hudson et son trafic. Les outils et moi dans la cale moteur d’un coté et Sandrine au poste de barre qui doit essayer de ne pas trop y toucher pour ne pas m’écraser le poignet avec la démultiplication et ne pas non plus trop toucher au régime du moteur sur lequel je suis assis… Je ressors de là une demi-heure plus tard, transpirant, de la graisse et du sang sur les mains (et mes habits) mais on peut y retourner. Le courant s’est maintenant bien établi, c’est donc en crabe que je passerais les pieux (les vilains) de l’entrée puis irais placer le bateau dans sa « nouvelle » place ou nous avons un angle de catway qui nous laisse 40 cm de passage… Ca glisse, ça passe, on amarre et on déclare solennellement et fermement que l’on ne bougera pas d’ici pendant 2 semaines !
    Aujourd’hui, je dois changer les vis pointeau qui font la liaison-fusible entre le secteur de barre et l’axe de celle-ci et vérifier que les filetage ne sont pas touchés… pour la strat’ et le gel coat, le plus gros est fait, le reste n’est que cosmétique et se fera lors de la prochaine sortie d’eau, après tout c’est un bateau de voyage… est-ce que l’on s’occupe de l’état de la peinture d’un 4×4 de brousse ? Non, alors, on répare le bateau, on met des pansements sur les mains et le voyage continue …

  5. On va dire, que pour l’heure on est des petits joueurs, mais je veux bien qu’on le reste 😉

  6. Concernant le coupe orin, c’est efficace, il ne faut pas mettre d’antifouling dessus bien sur (métal métal pas bon) et le nettoyer régulièrement pour que les « lames » coupent bien et cela évite de foirer son arbre moteur en cas d’entortillement sévère. 😉

    • Merci Eric. Je me demandais aussi… d’un coté, ça m’est arrivé deux fois en deux mois d’avoir « un cablo » dans l’hélice (alors est-ce qu’il avait servi, je me suis demandé). Mais d’un autre, il était plutôt morcelé et après réflexion sans le coupe-orin ça aurait pu être bien pire. Le problème est que maintenant il tourne tout seul autour de l’arbre, j’ai l’impression qu’il y a un genre de vis-pointeau qui devait le maintenir en place et qui s’est dévissée – faut dire que la dernière aventure l’a un peu sollicité. J’aimerais bien des eaux plus clémentes pour plonger et étudier ça. On verra bien, si j’ai le courage j’irai « down under » ces jours-ci.

  7. Il y a effectivement une (ou 2) vis pointeau qui empêche la rotation, sinon, ça sert moins bien on s’en doute. Pour les belles eaux claires, ce sera Madère pas avant…
    En attendant, la règle d’or: pas de bout qui traine sur le pont, surtout pas à proximité de l’arrière, même sous voiles cela peut se prendre entre le skeg et le safran ou entre la coque et le safran, perso je fais la guerre à bord pour ça… Bonne continuation .

    • et c’est pas fini. Et on n’est pas encore à Viana. Je commence un peu a saturer… j’avais bien raison de m’inquiéter du coupe-orin qui tournait tout seul autour de l’arbre. De nouveau à Cangas… c’est pas que j’aime pas Cangas, mais bon, j’aurais aimé descendre un peu plus au sud. Est-ce la conséquence des deux bouts ? En tout cas on nage en plein Murphy… si quelque chose peut tourner mal, ça finira par tourner mal. Seul point positif – rentrer à la voile dans le port de Cangas, avec l’assistance de notre ami Henri et de son AX3 avec un 2,3ch, ça l’a fait nickel.

  8. Salut tous les trois,
    Suite à la newsletter, je vous ai envoyé un petit mail.
    On va positiver, et on va dire que vous avez fini de découvrir la collection des emmerdes d’automne. Si vous avez besoin d’infos….. Hop tél.
    Cangas, c’est pas mal quand même. La capitaine du port est sympa.
    J’imagine que vous allez sortir le bateau si ce n’est déjà fait pour vérifier l’ensemble de la ligne d’arbre. C’est le moment. Il vaut mieux repartir plus tard quitte à hiverner à Cangas et s’assurer que tout soit ok pour la suite.
    Tenez bon les amis RozAvel vous le rendra
    Alain et Moune VB2

    • Salut, Moune et Alain,
      On a bien reçu votre mail, Nathalie me l’a transféré hier soir. On vous répondra plus en détail par mail aussi, mais en tout cas, c’est très très sympa. Pour la sortie, c’est prévu pour lundi, on va voir ensuite le fabricant qu’on a choisi pour l’hélice et on organisera la suite. En principe en deux ou trois jours il est capable de nous la fournir (lorsque Maucour, à Nantes, ont vendu à M. Martin la précédente, ils ont demandé 6-8 semaines et 50% plus cher… bref). Cangas, c’est pas si mal, mais on ne va pas y hiverner, on aimerait bien pousser jusqu’aux Canaries ou Madère. Pas le même climat. Cela étant, on a découvert cette ville (la preuve les trois ou quatre croquis faits par le capitaine – dont la Capilla San Blas ou on a participé à une soirée de fête avec gaïta, biniou, tambour et tambourin, quelque chose de grand… ou tu te sens en pleine fest-noz, des sons bretons mais des rythmes ibériques, tout simplement génial. Pas d’appareil photo ce soir-là, alors le skipper y est retourné le lendemain pour dessiner les lieux). Ils sont tous très sympa au port, surtout le jeune Carlos et Juan, marineros, mais les autres aussi. On aura passé quand même des très, très bons moments, et ce n’est pas fini. Serrez-nous les poings pour qu’on ne trouve pas de pépin caché demain.
      Bises,
      l’équipage
      Cangas, Capelita San Blas, Darbo

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